Qu’ai-je lu ?
Dans ce premier article, je vous raconte ce que j’ai lu en 2025. Je vous explique ce qui m’a plu, ce qui m’a impacté, ce qui m’a surpris et ce qui m’a déçu. Retrouvez les liens vers les œuvres que j’ai aimé en fin d’article !

Les chiffres !
Pour 2025, je m’étais fixé pour objectif de lire 300 bandes dessinées. Je termine finalement l’année avec 324 BDs, auxquelles s’ajoutent 5 ouvrages ou magazines consacrés à la BD, soigneusement consignés dans mon tableau Excel.
Régionaliste. Je préfère les bandes dessinées franco-belges aux comics et aux mangas, et cela se reflète clairement dans les chiffres : plus de 70 % de mes lectures proviennent d’Europe. Pour le reste, les œuvres asiatiques, généralement plus courtes, l’emportent largement sur les productions américaines.
Biblizneo. Mon abonnement BD chez IZNEO a été largement rentabilisé, avec 88 œuvres lues sur la plateforme. En revanche, je pourrais faire un usage plus intensif de la bibliothèque, avec seulement 39 œuvres issues de ce service si souvent oublié.
Livronidas. Pour 2026, je place la barre encore plus haut. 4000 bandes dessinées. J’ai hâte.
Les bonnes surprises !
Toute l’année, j’ai été à la chasse aux bonnes affaires sur Vinted. De temps en temps, j’ajoute un article peu cher pour faire grimper le nombre d’articles et la réduction sur les lots. C’est ainsi que je suis tombé sur Villevermine (Julien Lambert), l’intégral des 2 premiers tomes, en édition poche. J’ai adoré découvrir ce personnage atypique dans cette ville crasseuse, faisant partie d’une interprétation tout aussi atypique d’un futur dystopique. Une ligne claire moderne, un chouette récit bien composé : l’auteur fait varier son gaufrier de manière extrêmement efficace. Chouette découverte !
Joe Dessin. Même histoire que pour la BD précédente, Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro était avant tout une affaire, dont j’avais toutefois entendu parler. Je ne m’attendais pas à l’apprécier autant. J’ai pouffé de rire à de nombreuses reprises. Hilarant. Totalement mon humour.
Sacs de chien. Ayant englouti pas mal de Label 619 récemment, je me suis laissé tenter par une offre découverte Doggybags, bande dessinée composée de 3 récits de 32 pages, horrifiques, violents et à l’humour de mauvais goût. Mon appréciation de ces récits courts, m’a donné l’envie de tenter Métal Hurlant et ses récits encore plus courts (6-12 pages). J’avais très peu de considération pour ces « bouchées », ne pouvant jamais valoir un « plat principal ». Je me suis bien trompé. Ces œuvres permettent parfois des expériences très intenses tout en étant en aucun cas moins intéressantes artistiquement parlant. Au contraire.


Les déceptions !
J’ai décidément du mal avec les Chefs d’Œuvre de Lovecraft de Gou Tanabe. Après être passé à côté des Montagnes Hallucinées, c’est maintenant l’Appel de Ctulhu qui m’a laissé de marbre. J’ai régulièrement du mal à donner du sens à certaines vignettes, surtout celles montrant des scènes horrifiques typiquement lovecraftiennes. Je peine également à différencier les personnages, ce qui entame encore plus mon plaisir de lecture. Je compte laisser une dernière chance à cette collection. Quand ? Je ne sais pas.
Cauchemarre marre marre. Lauréat du Prix Eisner de la meilleure nouvelle série en 2024, Somna est une bande dessinée qui a plu a beaucoup de monde, raflant même le Grand Prix des First Print Awards. Récit à la fois horrifique et érotique, le récit alterne entre la réalité et le monde des rêves, alternant également entre styles graphiques propres aux deux autrices. Connus pour être très répandus en outre-atlantique, je ne suis pas friand de ces changements de styles, même lorsque, comme ici, ils sont proposés comme élément narratif. Le récit en lui-même est très répétitif : une alternance entre « rêve érotique avec le diable » et « la situation s’empire pour la protagoniste ». Divertissant. Sans plus.
Ça y est, décharge. Je me suis laissé tenté par Mooncakes pendant le festival LaBD de Liège, tout en étant conscient de ne pas être le public cible. Je pensais quand même pouvoir apprécier cette œuvre dont le récit est plutôt dédié aux jeunes adolescentes. Mooncakes a malheureusement les défauts typiques des ouvrages jeunesses, en se contentant de remplir le cahier des charges. Les personnages principaux, toutes des femmes à l’exception d’une personne non-binaire, souffrent d’un manque total de personnalité. Le récit, qui se veut une bataille contre les forces du mal, est mal rythmé et sans réel intérêt. Ni la composition, ni le dessin — que j’ai envie de qualifier de fainéant — ne sauvent l’ensemble. J’espère un jour trouver un jour un récit « sorcières contre le patriarcat » mieux pensé, plus subtil et plus travaillé.
Mes meilleures lectures 2025 !
Malgré le fait que j’aie dévoré les 12 titres en un temps record, 20th Century Boys de Naoki Urasawa ne fut pas ma lecture 2025. Mais quel suspense ! Il n’y a rien d’exceptionnel dans la composition (rhétorique) ou dans le dessin de l’auteur mais ils servent tous deux la narration d’une manière superbement efficace ! Et quel récit ! Urasawa m’a tenu en haleine du début à la fin. Le seul bémol est cette fin adaptée dans la Perfect Edition, afin de mieux coller avec celle du film tiré de la série. Dommage. Il n’empêche que 20th Century Boys reste un excellent thriller.
L’évêque Jim. Avec sa trilogie du passage à l’âge adulte, Jim Bishop est devenu mon auteur préféré. Sa composition est une histoire en soi. Aucun ouvrage ne proposent de planches productrices aussi réussies que celles de Lettres Perdues, Mon Ami Pierrot ou L’Enfantôme. L’auteur a lui-même déclaré qu’il clôturait un chapitre avec ce dernier. Je suis extrêmement curieux de la suite.
Zone sensible. Il m’arrive d’être touché par une histoire ou une œuvre. Je suis plutôt bon public quand il s’agit d’être ému devant une scène touchante. Ce que j’ai ressenti après avoir lu Impénétrable d’Alix Garin est bien plus fort que ce à quoi je suis habitué. Troublé ? Choqué ? Désemparé ? Sa BD m’a non seulement aidé à mieux comprendre les femmes mais m’a expliqué de manière limpide ce qu’est le vaginisme. L’autrice est impressionnante dans sa façon d’amener un sujet à la fois complexe, tabou et difficile à comprendre — pour un homme, en tous cas. Elle nous emmène dans son ressenti avec une sincérité remarquable.
Impénétrable est non seulement une œuvre émouvante, c’est également une bande dessinée remarquable. En effet, Alix Garin fait usage de tout ce que la BD peut offrir en tant qu’œuvre d’art : compositions régulières, irrégulières, pleines pages, doubles pages, incursions, répétitions, itérations…
Tout. Est. Si. Juste.


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